Temple du Chambon-sur-LignonTemple du Chambon-sur-Lignon
©Temple du Chambon-sur-Lignon|Luc Olivier

Là où souffle l'esprit !

Le Plateau du Haut-Lignon a toujours été une terre de valeurs ancrées, multi-culturelle souvent à l’avant-garde. Explorez avec nous ces différences qui font la force et la richesse de notre terroir.

En cheminant sur  la Montagne protestante

Convertis à la réforme vers 1560, dans le sillage des prêtres, des hobereaux de campagne, des colporteurs vaudois, les huguenots de la Montagne ont vécu de difficiles et parfois de terribles épreuves au XVIII siècle : abjurations forcées, dragonnades, amendes, arrestations et condamnations aux galères ou au « brevet de potence ». Ces drames se sont alors inscrits dans la mémoire collective et ont suscité une solidarité à la fois sociale et religieuse qui existe encore de nos jours.

Au temps de la Révolution de 1789, les prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé trouvent ici des « caches secrètes » mises en place par des familles protestantes, leur offrant ainsi un abri contre les persécutions.

Si la Montagne s’identifie par sa façon de croire, on remarque une forte endogamie géographique concernant les mariages, entre « gens du pays » et surtout en fonction d’une contrainte collective d’essence religieuse, pas ou peu de mariages mixtes. La Bible est aussi un réservoir inépuisable de prénoms, Abel, David, Samuel côtoient Rachel, Sarah et Esther !

Le besoin de s’instruire, l’impatience de lire, le souci de l’information, l’esprit de progrès et le souci de moralité caractérisent les gens du Plateau. A trop considérer la Réforme comme un événement purement religieux et politique, on sous-estime la mutation socio-culturelle qu’elle représente dans les campagnes de la Haute-Loire orientale.

Aujourd’hui la palette des communautés protestantes du Plateau est extrêmement large, peut-être unique en France ! Choquante ou nuisible à l‘unité pour certains, ce foisonnement du protestantisme constitue une réelle vitalité et une grande liberté.

X1824 
  • Implantation des églises dites « libres »
1844 
  • C’est le mouvement darbyste et les Assemblées puis des scissions au sein du darbysme avec l’apparition des Frères étroits ou Ravinistes qui vont encore se diviser.
Vers 1895
  • Implantation forte de l'Armée du Salut.
1960
  • Mouvement Pentecôtiste
Vers 1970
  • Assemblée évangélique du lieu-dit Malagayte

Poussez la porte de nos temples 

Au gré de vos promenades, vous apercevrez des cimetières familiaux protestants à proximité des habitations ou parfois isolés au milieu des terres. Parfois délimités par un muret de pierre, une grille, les protestants ont été contraints à ensevelir leurs défunts dans des cimetières strictement protestants suite aux déclarations royales de 1666 et 1669. Remarquez les croix huguenotes ou les versets bibliques sur certaines sépultures.

Au Mazet, au lieu-dit Le Riou, au Panelier, à Faurie ou au Chambon aux Eyres.

En lien avec memoireduchambon.com et payslecture.fr  

Poussez la porte de nos églises

Au gré de vos passages dans nos villages, vous apercevrez tous ces clochers d’églises, aussi différents les uns des autres. Certaines d’entre elles vous interpelleront par leur architecture ou différence d’un village à un autre. Elles peuvent se visiter plus en détails lors des journées européennes du Patrimoine en septembre, ou bien lors des offices hebdomadaires ou mensuels tout au long de l’année.

Le Plateau Vivarais-Lignon, symbole d’œcuménisme.

Vivre ensemble prend ici tout son sens.

Village de Tence, traversé par les  chemins de pèlerinage…

Le célèbre chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (GR 65) qui relie Le Puy-en-Velay à Saint-Jean-Pied-de-Port dans les Pyrénées pour continuer en Espagne ensuite et atteindre Santiago, propose un tronçon de Genève au Puy-en-Velay – la via Gebennensis.

Le chemin de Saint-Régis, marcheur de Dieu, fut créé en 1989, c’est le GR 430. Il met à l’honneur Saint-Jean-François-Régis (1597-1640), surnommé « l’apôtre du Velay et du Vivarais ». Infatigable marcheur, il parcourait 40 à 60 kms par jour prêchant dans les villages, secoués par les guerres de Religion. Saint Patron des dentellières, dont il sauva ce savoir-faire et l’économie locale générée par ce travail, il créa aussi « l’œuvre du bouillon », une sorte de soupe populaire.

Introduction des Pénitents….

Mélange de catholicisme et protestantisme à Tence : le village aux 4 clochers, avec l’église Notre-Dame, l’église St-Martin, la chapelle des pénitents et le temple.

Sur le plateau, assez rare en France, on trouve un temple dans chaque village. La religion protestante, prétendue réformée, présente dans la vallée du Rhône grâce aux échanges commerciaux, va remonter les vallées ardéchoises. En effet, l’installation des pénitents blancs à Tence (création en 1652) fût favorisée par la contre-réforme, avec l’aide de la hiérarchie catholique et l’encouragement des pouvoirs traditionnels.

L’édifice de la chapelle des pénitents les abrita de 1718 à 1976, au départ propriété diocésaine, et ensuite acquise par la municipalité tençoise en 1982. Restaurée de 1983 à 1990, avant d’être ouverte comme Musée d’Art Religieuxdès 1992.

Les pénitents sont des laïcs, de confession catholique, se réunissant pour les prières, les offices et les processions, celle du Jeudi Saint est la plus typique. Leur but à l’époque est très caritatif, avec visites aux malades et aides aux familles dans le besoin, jusqu’à la mission de réaliser les veillées funèbres.

Activités : office matinal, vêpres, matines et laudes de la Sainte Vierge le dimanche.

Arrêt des processions à Tence en 1964, puis dissolution en 1976 (20aine de pénitents). Déclin de la confrérie, conséquence de l’exode rural et mortalité importante due aux guerres. Aujourd’hui, la confrérie des pénitents perdure et se maintient avec une 30aine de membres.

 

Introduction  des béates…

Suite au concile de Trente (1545) et la contre-réforme, les jésuites et frères capucins sont missionnés sur la Montagne pour convertir les hérétiques. A partir de 1670, des jeunes filles très croyantes, n’ayant pas prononcé de vœux, sont formées par des religieuses du Puy-en-Velay, à l’initiative d’Anne-Marie Martel pour enseigner le catéchisme dans des campagnes reculées du Velay. Elles dispenseront rapidement aussi des rudiments scolaires aux enfants de Haute-Loire : lecture, écriture, calcul. Les villageois devaient se mobiliser pour avoir la chance d’accueillir une béate, et lui construire une maison : la maison de béate ou l’assemblée.

Au niveau architecture, la maison de béate se distingue par sa simplicité avec des matériaux du pays. Un rez-de-chaussée dédié au cours de catéchisme et à l’enseignement scolaire et un étage réservé à la béate, parfois, une seule pièce. Située au cœur du village, la maison de béate porte une petite cloche ou un clocheton sur le toit, parfois une niche en façade avec une Vierge. Elle est entourée d’une petite cour, d’un jardinet.

 

D’autres éléments de patrimoine local complètent les rôles de réunion et de service du village à proximité : bachat, lavoir, four banal par exemple.

Au-delà de son architecture, la maison de la béate incarne un héritage vivant, où le catéchisme, l’artisanat de la dentelle, et les assemblées nocturnes (mois de Marie par exemple) ont tissé des liens durables au sein de la communauté.

Sur le Haut-Lignon, on peut citer celle de Pouzols sur la commune de St-Jeures avec un riche patrimoine d’objets exposés et le récit des bénévoles passionnés de l’association (visites possibles l’été).

Nichée au cœur des traditions altiligériennes, la Maison de la Béate de Pouzols offre une plongée captivante dans les traditions altiligériennes et l’histoire locale.